Michel BOSC, s'intéresse depuis longtemps (1970) à Dolly (les collectionne depuis 1995), il a participé aux livres :  "Jouets GéGé : Les ateliers ligériens du Père Noël", par Bernard Besson, éditions Ecomusée des Bruneaux, et  "GéGé, des jouets pour tous", S. P. Besançon, J. et G. Giroud, éditions Fer de Chance.
En 2013, Michel Bosc est l'auteur du livre "les mannequins GéGé, chic de Paris".
2008 : les 40 ans de Dolly par Michel Boscaccueil
Dolly de GéGé* par  Michel Bosc
usine Gégé, à Montbrison dans la Loire
hier et aujourd'hui (photo M. Bosc)
Les temps ont changé depuis le lancement de Mily, le ton aussi : Mily vouvoyait les petites filles, Dolly leur dit « tu » : « Ma chère amie, voici un aperçu de ma nouvelle et merveilleuse collection de toilettes « haute couture ». Peut-être me connais-tu déjà et tu sais alors comme je suis avide de la toute dernière mode parisienne. Dans le cas contraire, je me présente : on m'appelle « DOLLY ». Je suis le maxi mannequin créé par GéGé. Je mesure 52 cm et je suis toute articulée. Et admire mon extraordinaire chevelure que tu pourras coiffer de mille et une manières. J'aime être habillée à la mode des jeunes filles d'aujourd'hui. Tu me diras qu'avec une telle garde-robe cela ne pose pas de problèmes ; il y a en effet un ensemble à ma taille qui convient à chaque occasion. Quand tu me connaîtras mieux, tu verras les belles et joyeuses heures que nous passerons ensemble en compagnie de ma petite sœur Mily. En attendant, je t'embrasse affectueusement. Dolly ». Le ton sera encore plus simple vers 1974 : « Chère amie, permets-moi de te présenter quelques-unes de mes nouvelles toilettes, ainsi que Aloa, Gilles, Eric […] avec lesquels tu passeras, j'en suis persuadée, d'excellents moments… ». L'époque des correspondances écrites, des longs discours avec les enfants, est déjà révolue. Tout se joue, pour les catalogues, sur les photos : Dolly est mise en situation, dans des décors dont certains sont très réalistes (neige, verdure, mobilier). C'est aussi l'ère de la télévision, à laquelle GéGé n'aura pas recours. Nous sommes entrés dans la société de l'image !
A noter aussi : Quelques poupées Dolly, à la demande de la princesse Grâce de Monaco, furent habillées par de grands couturiers vers 1974. Depuis, elles sont toujours exposées au Musée national.
Dolly, l‘année de son apparition (catalogue GéGé)
<br />
1968 : Dolly, première version (« visage d'ange » ou « classique »)
Dolly, donc,  mesurait 52 centimètres. Sa caractéristique était de posséder, au bassin, le même procédé breveté d'emboîtement dont Mily avait bénéficié, qui permettait au buste de la poupée de prendre toutes les inclinaisons possibles. Dolly possédait deux marquages : M5 MADE IN FRANCE sur les omoplates et, sur la nuque, GéGé MC5. Le visage de Dolly possédait un front assez haut. Les yeux, dormeurs à cils implantés, existaient en de nombreuses teintes de bleu et de marron. La première génération fut en acétate, colorée dans la masse. Plus tard, différents types d'yeux furent fabriqués, notamment en plexiglas. Le nez était court, légèrement retroussé. La bouche souriait à peine, donnant à Dolly cet air farouche et mystérieux si typique de la marque GéGé. Les lèvres étaient peintes dans des tons assez variés, allant du blanc au rouge cerise en passant par de nombreuses nuances de roses. Combinées aux multiples couleurs de cheveux, ces nuances produisent une grande variété de caractères et de styles. Les cheveux furent tout d'abord longs jusqu'à la ceinture. La raie, sur le côté, permettait de rabattre une mèche sur le front pour cacher la naissance des implants. Juliette Giroud veillait à ce que les cheveux de Dolly fussent convenablement bouclés. On rencontrait des blonds cendrés, presque gris ; des blonds « soleil » clairs, des blonds dorés plus soutenus, et trois catégories de châtain, que je propose d'appeler « caramel » (un blond très foncé et tirant sur le roux), « chocolat » et « marron glacé » qui est une version cendrée, plus claire que le chocolat. Les bras, assez courts pour faciliter l'habillage de la poupée par l'enfant, étaient légèrement repliés ; les mains étaient très fines : la main gauche joignait tous les doigts, sauf le pouce ; la main droite était davantage écartée. Le buste ébauchait une poitrine. Dolly n'est déjà plus une petite fille, mais pas encore une vraie femme, quoiqu'elle fût promise au mariage. Les jambes furent raides, tout d'abord, et les pieds demeurèrent toujours plats. Dolly portait différentes toilettes de présentation (petite robe droite, puis minijupe évasée de couleur et sous-pull souvent noir) dans une boîte de carton dont le couvercle la représentait en gros plan. Dans leurs boîtes d'origine, ces poupées portaient des références  allant de 1230 à 1235,  pour celles que nous avons pu retrouver. Les modèles du début arborent un cachet de cire « GéGé » porté au poignet par un ruban ; par la suite, la broche GéGé sera cousue sur les habillages de présentation.
1972 :  Dolly, deuxième version
Nous datons l'apparition de la deuxième version de Dolly en 1972. Pour l'occasion, elle adopta un nouveau packaging, très volumineux et plus moderne : c'étaient des boîtes imposantes et multicolores, d'un très bel effet, qui furent, à cette époque, aussi déclinées pour Mily et pour Minichou, ces deux autres stars de la maison GéGé. Dolly fut alors, comme Mily, revêtue d'une combinaison à manches longues et pattes d'éléphant, le plus souvent de jersey, jaune, orange, rouge ou bleue ; il existait aussi des tenues en deux parties, à manches courtes, dans des imprimés psychédéliques, ou à rayures. La coupe de cheveux a changé à cette époque : le devant était court, deux mèches venant encadrer le visage, et le derrière était très long, parfois plus bas que les fesses, et plus lisse. Certaines de ces poupées arboraient des nattes ; d'autres étaient ondulées, certaines presque bouclées. Les jambes de cette deuxième version étaient pliantes, ce qui alourdissait la poupée et modifiait légèrement sa hauteur, selon le degré d'étirement des jambes. Sur les boîtes, les références. 1238 JPTA (jambes pliantes taille articulée, supposons-nous) étaient indiquées, ou 1238 seulement.
1974 : Aloa
Aloa, l'amie noire des îles, vint compléter le nouveau thème de 1974, autour du voyage et de la mer. Elle fut très réussie. Elle utilisa le corps et la tête de Dolly joufflue, dont elle partageait évidemment les marquages et la garde-robe, bien qu'on lui eût confectionné  plusieurs tenues spécifiques. Vendue dans un maillot deux pièces avec paréo, elle arborait une fleur de papier dans ses cheveux toujours aile de corbeau et coiffés selon la deuxième coupe de cheveux de Dolly, courte devant, longue derrière. Pour répondre aux costumes de marin des garçons et à la tenue d'hôtesse de l'air de Dolly, Aloa porta « Papeete » (1920-97), avec haut blanc sans manches, minijupe plissée, gilet et bottes en peluche rose, « Tropique » (1920-98), chemisier de satin bleu et pantalon blanc à pattes d'éléphant, « Hawaï » (1920-96), combinaison à manches longues et pattes d'éléphant, à motifs psychédéliques et chaîne dorée faisant office de ceinture (la série sur le thème du voyage est complétée par le manteau « Roissy » (1920.99) et une tenue « Concorde » (1920.78) pour Dolly).  La référence portée sur la boîte d'Aloa est 1239. Il est regrettable que cette série se soit interrompue car tout était en place pour que Dolly élargisse son univers et connaisse de nombreuses aventures.
Une poupée unique
Dolly reste une poupée unique dans l'histoire. Dotée d'une véritable personnalité, ce qui est rare, elle s'adapte à merveille à sa garde-robe, dont les historiens de la mode feront leurs délices dans les siècles à venir. Véritable raccourci de toutes les meilleures tendances de la haute couture française des années 60 et 70, elle témoigne non seulement d'un art de vivre à la française, mais aussi du génie, du bon goût et de l'audace d'une créatrice merveilleuse, dont l'empreinte est à jamais gravée, non seulement dans le rêve de générations d'enfants, mais aussi de l'histoire de la mode et du jouet.
* Gégé, deux initiales : La marque GéGé provient des initiales de son fondateur, Germain Giroud. Son fils Gilles, qui prit sa relève, portait les mêmes initiales. C'est pourquoi la marque s'écrit avec deux G majuscules !
1976 : Dernières générations de Dolly
 
Dès 1975, Dolly « visage classique » ou « visage d'ange » réapparut sur les catalogues, telle qu'elle était encore en 1973. Mais, vers 1976, pensons-nous, une nouvelle formule de Dolly apparut, pensée dans un esprit romantique. Parfois vendue dans ses habituelles combinaisons, elle apparaît de temps en temps vêtue dans l'esprit des « Demoiselles du temps passé » et de « Mélusine » (de la collection « Yette de Montbrison »), avec le chemisier ivoire à dentelle et les robes longues et fleuries ; surtout, son teint est extrêmement clair et presque translucide, à la manière de poupées de porcelaines, ce qui produit un effet magnifique ; ses cils sont plus longs ; parfois, il arrive (et il semble que ces modèles, assez rares, datent des toutes dernières heures de la firme) que l'implantation des cheveux soit une raie au milieu du crâne, délimitant une frange longue qui tombe bas sur le front. La mention 1238 semble alors avoir réapparu.
La garde-robe, les accessoires
Nous avons, dans le cadre de l'ouvrage de Bernard Besson sur GéGé, tenté de reconstituer la garde-robe de Dolly, en nous basant sur les références trouvées sur les catalogues et sur les boîtes des toilettes. S'il est bien certain que le numéro 1920 correspond aux trousseaux de Dolly, les autres numéros posent de fréquents problèmes d'interprétation. Par exemple, le nom « Boul'Mich' » renvoie à trois numéros (1920-02, 1920.08 et 1920.61) et les tenues concernées n'ont rien à voir entre elles.  Nous sommes ainsi parvenus à répertorier plus de 110 toilettes et nous estimons qu'il nous en manque encore une cinquantaine. Ramenée à la durée de vie de Dolly, qui ne s'étale que de 1968 à 1979, une production si abondante et imaginative est remarquable. 
Tout comme Mily, Dolly fut merveilleusement habillée par Juliette Giroud. La variété, l'inventivité, le modernisme, l'audace, le bon goût de sa garde-robe laissent rêveur. Au panthéon de la haute couture française, Juliette Giroud figure parmi les plus grandes créatrices de notre histoire. On a peine à croire qu'il s'agisse de jouets tant les idées sont nombreuses et variées. 
Plusieurs toilettes de Mily se retrouvaient chez Dolly, mais cette dernière bénéficia de nombreuses exclusivités. Leur identification est assez facile, puisque l'une des pièces de chaque costume portait toujours l'étiquette « GéGé haute couture ». 
On peut distinguer deux grandes périodes dans les habillages : tout simplement, une époque plutôt « 60 » et une davantage « 70 ». Ces deux époques sont à la pointe des tendances les plus jeunes de la mode.
  La première époque, très « Demoiselles de Rochefort » (le film de Jacques Demy qui sortit en 1966), fut principalement composée de jupes et de manteaux courts et de pantalons cintrés. On y retrouve l'esprit de la garde-robe de Mily, d'un chic irréprochable et primesautier. C'étaient l'imperméable en skaï gaufré « Giboulée » (1920-03), avec son chapeau, son sac à main et ses cuissardes ; « Printanier » (1920-13), manteau de feutre rose bonbon, jaune canari ou bleu électrique, avec son bob assorti ; l'audacieuse robe tricotée courte « Comète » (1920-14), portée avec des cuissardes et des collants ; « Idole » (1920.17), robe trapèze courte, rayée, avec la guitare, indispensable instrument yé-yé ; la veste bordée de fourrure « Alaska » (1920-09), portée avec un pantalon à fuseau et des bottes ; la robe courte à manches longues « Matinée » (1920-01), pourvue d'une poche, avec un col blanc et une fermeture éclair ; « Croisette », (1920-07), qui fut produite dans de nombreux tissus ; d'inspiration Mao, elle joignait un bob, une veste longue et un pantalon cintré. « Averse » (1920-06)  était un imperméable léger, avec ceinture et foulard. Enfin, « Baïkal » (1920-28) était un manteau imitant le léopard avec toque assortie ; sous le nom « Frileuse » (1920-29), il fut également édité en blanc.
Dans la deuxième époque, tout à fait « seventies », le mini et le maxi se mélangèrent volontiers et le maxi tendit à l'emporter. Les pattes d'éléphant prirent le dessus, avec les imprimés psychédéliques et la peluche. Ce furent « Falbalas » (1920-03), robe ample et longue,  à volants, aux couleurs acidulées, avec des manches gigot volantées ; « Patchwork » (1920-15),  robe longue en imprimé imitant le patchwork, avec un volant froncé ; « Mini-maxi » (1920-36), qui superposait audacieusement une minijupe à une longue cape à capuche ; « Espiègle » (1920-48), avec un béret, mêlait une robe chasuble courte à un short, d'après une idée de la styliste Jacqueline Jacobson. « Lido » (1920-54), recourait à un imprimé acidulé pour une robe pantalon à volants et une longue écharpe. « Orly » (1920-50), manteau de laine à large col, imitait Chanel. La peluche fut notamment exploitée dans « Hit-Parade » (1920-66), sur un pantalon à pattes d'éléphant imitant le jean. Nous remarquons la mise en oeuvre fréquente de simili cuir et de laine ; il y eut aussi de la peau véritable (« Op daim », 1920-46). Dolly n'eut qu'une seule robe de mariée, « Cérémonie » (1920-04), de style Empire, à broderie anglaises (de très nombreuses sortes de broderies existaient). Comme Mily, Dolly ne se maria qu'une fois, et pour la vie : GéGé avait des valeurs.  Ses robes du soir (nous en avons répertorié une dizaine) paraissaient plus gracieuses et fraîches que glamoureuses ; en revanche, la tenue « Opéra » (1920-11), une chasuble sur une combinaison à manches courtes et à pattes d'éléphants, utilisait un lamé or du plus bel effet ; des variantes furent trouvées, remplaçant le pantalon par une robe longue droite, dans des tons bleus et argent. Très intéressante aussi, et griffonnée sur la nappe en papier d'un restaurant par Juliette Giroud, la tenue « Kalinka » (1920-38), venait de l'Est : un pantalon bleu roi, de satin, tombait en bouffant sur des bottes ; sur un sous-pull blanc, glissait une longue chasuble richement brodée. La tenue « Frivolité » (1920-31) était exquise :   soutien-gorge, slip, jupon de dentelle, le tout brodé de fleurs, collants blancs et chaussons duvetés. Mentionnons enfin une tenue d'hôtesse de l'air, « Air-Hôtesse » (1920-95), qui correspondit au thème du voyage accompagnant le lancement de Gilles, Eric et Aloa. Dans certaines tenues, se glissaient quelques colifichets, ludiques et jolis, semblables à ceux utilisés par Mily : téléphone, lunettes de soleil, ceintures, sacs à main, peignes et brosses, collants, rubans, imitation de vaporisateurs et de pots de crèmes, écharpes, étaient répartis dans les coffrets, plus fréquents au début de la production qu'à la fin.
Il faut signaler en outre que, parmi les meubles de poupées que vendit GéGé, certains pouvaient parfaitement convenir à la taille de Dolly, notamment un bureau d'écolier et un lit à monter. La poupée figure ainsi en situation, sur certains catalogues.
Gilles et Eric
GéGé n'eut aucun mal à agrandir l'univers de Dolly tout en donnant une réponse à Jerry, nouveau chevalier servant de Cathie chez Bella.  On présenta, en 1974, deux nouveaux personnages de 52 centimètres : Gilles (c'est le prénom de l'un des enfants du couple Giroud ; c'est lui qui reprit le flambeau de l'entreprise) et Eric (le prénom de son meilleur ami). Gilles était imberbe, Eric barbu : ainsi furent conçues les poupées, même si, par la suite, Gilles se laissa pousser la barbe et Eric la rasa ! 
Eric, avec sa barbe et ses sourcils implantés, était parfois appelé Erik, sur les catalogues. Leur corps utilisait les bras et les jambes pliantes de Dolly (quelques modèles ont cependant été montés sur jambes raides) ; le buste pivotait à la taille comme celui de Dolly, plus massif, cependant,  et portant l'inscription M5H ; leur nuque était marquée : GéGé M5. Les deux poupées étaient élèves d'une école de marine (arme dans laquelle Gilles Giroud avait fait son service national). On les trouvait donc revêtus de tenues à pantalon bleu marine, dont le haut était orné d'une rose des vents, d'un voilier, d'une boussole, d'une ancre ou d'une barre de navire. Leur couleur de cheveux demeura toujours châtain. 
On a peine à savoir lequel des deux épousa Dolly ; les catalogues présentaient tantôt l'un, tantôt l'autre au bras de Dolly. Cependant, si l'on en croit l'indication portée sur la boîte, le smoking du mariage était répertorié comme une « tenue pour Eric » (« Soirée », 1977-01). Gilles était donc le frère ou le beau-frère de Dolly. 
Les deux garçons  bénéficièrent d'une garde-robe d'une douzaine de costumes, assez décontractés et très « seventies ». On retrouvait le survêtement de Jacky dans la tenue « Training » (1977-07). « Public school » (1977-05) utilisait un simili cuir très intéressant pour le blouson. L'une des tenues les plus amusantes fut « Motard » (1977-02), également répertoriée pour Eric, en skaï épais bleu ciel, pour faire de la moto : casquette à visière, veste à fermeture éclair et pantalon cintré. Dolly pouvait l'accompagner, grâce à sa tenue « Moto-cross » (1920-40). Au pyjama « Réveil » (1977-06) et à la tenue « Vacances » (1977-03), la petite fille pouvait coupler  la robe de chambre « Breakfast » (1920-64) ou la chemise de nuit « Rêve » (1920-05), et la toilette « Vacances » (1920-40) de Dolly.  Gilles et Eric convenaient à merveille au nouveau moule de Dolly, mais ils semblaient beaucoup plus juvéniles et hybrides  que masculins, d'où une apparence ambiguë et des difficultés d'identification pour l'enfant, comme cela arriva pour toutes les poupées masculines ou presque. C'est sans doute ce qui explique leur succès éphémère.
Nous avons trouvé une référence 1240/10 sur plusieurs boîte de Gilles (le 10 était parfois ajouté à la main) et 1241 sur plusieurs boîtes d'Eric (l'étiquette indiquait d'ailleurs toujours « Erik »).
Alice, Carole, Annie, Jessy et les autres
Dolly eut un tel succès que certains magasins, dont Prisunic, voulurent distribuer des modèles exclusifs, dès 1969. Les poupées réalisées pour cette occasion s'appelèrent notamment Carole, Alice, Jessy ou Annie. Elles étaient meilleur marché que Dolly mais s'en rapprochaient beaucoup. Sur le corps prototype de Dolly dont nous avons parlé plus haut (à jambes raides, sans pivot au niveau du bassin et marqué M7 made in France), on planta une tête légèrement plus petite que celle de Dolly, gravée GéGé MC6CW sur la nuque. Ces poupées, absolument délicieuses, mesuraient 45 centimètres. Souvent, les cheveux (qui s'inspirèrent des deux coupes de cheveux de Dolly) furent nuancés de deux couleurs différentes, ton sur ton. Ces poupées portaient de petites robes droites en nylon, non signées. Le modèle Alice porta, sur une chemisette à carreaux, une salopette bleue et des bottes blanches. Ces poupées disposaient d'un petit trousseau, non griffé, de quelques modèles (cinq ou six chacune : tenue de nuit, imperméable, manteau, veste et pantalon, tenue d'été, veste avec jupe courte…), dans des boîtes non signées GéGé, aussi garnies d'accessoires. Nous avons également trouvé une autre poupée, intermédiaire entre Alice et Dolly : le corps, doté d'un bassin pivotant, est gravé « M5 Made in France » comme celui de Dolly mais, curieusement, il est plus petit ; la tête porte l'indication GéGé MC6C. Cette poupée de 47 centimètres se serait appelée Marilyn (c'est vraisemblable : en effet, la poupée du même nom, chez Bella, n'était plus produite depuis quelques années, à l'époque ; il n'y avait donc pas de danger d'une confusion commerciale entre deux produits). Citons encore une très étrange créature de 46 centimètres, qui utilise le corps d'Alice et… la tête de Gilles et Eric, qui, du coup, paraît un peu grosse. Ses cheveux sont assez courts ; elle était très hybride. On la trouvait souvent dans de petites robes courtes.
Nous ne considérons pas comme un mannequin Mélusine (gravée Made in France sur le dos, et sur la nuque MC6C). Elle fait partie de la série « Yette de Montbrison » et de la collection « Les Demoiselles du temps passé ». Teint cireux évoquant la porcelaine, cheveux courts frisés, corsage ivoire à dentelle, robes longues et bonnets, cette poupée n'était pas censée quitter le costume dans lequel elle était vendue.
1974 : Dolly « joufflue »
En 1974, Dolly changea de visage. On retrouve, dans le nouveau visage, la patte d'un sculpteur qui a fréquemment œuvré pour GéGé ; il avait déjà créé les poupées martiniquaises Zouzou (référencée 1057) et Hulla (1757 et 1758) de 1966, Nadine, référencée 1064, de 1969, la poupée Skitou, référencée 1003 en 1972, ainsi que le visage de Minichou ou Ptichou. On cherchait sans doute à donner une autre impulsion aux ventes, en rendant Dolly plus consensuelle, plus rigolote ; après tout, à cette époque, Mily, d'une élégance si racée, n'avait déjà plus que deux ans à vivre. Peut-être voulut-on revoir Dolly dans un nouvel esprit et en profiter pour lancer de nouvelles poupées qui lui tiendraient compagnie, puisque c'est à cette époque qu'apparurent Gilles, Eric et Aloa. D'ailleurs, le nouveau visage de Dolly convient parfaitement à ces nouveaux compagnons. Hélas, manifestement, le nouveau visage, marqué GéGé CB7 sur la nuque, n'a pas plu. Certes, la  bouille était amusante, mais le résultat a peut-être été trouvé  trop hybride entre l'enfant, la femme et l'adolescente : la parfaite cohésion de la Dolly classique manquait. Les petites filles eurent donc moins de facilité à s'identifier à ce modèle, qui fut donc abandonné au profit du premier visage, dès 1975.  
Dolly « joufflue », ainsi que nous l'avons baptisée, était vendue dans les mêmes combinaisons que la Dolly précédente, avec parfois de nouvelles toilettes « romantiques » : chemisier ivoire orné de dentelles, jupe longue en imprimé fleuri, parfois avec des collants. 
Sur des boîtes d'origine, nous avons trouvé plusieurs fois, pour ces poupées, la mention « Dolly articulée Gaetan – 1237 » était souvent portée sur la boîte, sans que nous puissions en expliquer la signification exacte.
Un nouveau maxi mannequin
Si Cathie était un « super mannequin », Dolly, elle, se présenta comme un « maxi mannequin », le « plus joli mannequin de grande taille », qui « suit la mode parisienne » avec « de la classe, de l'élégance, du style ». « Style jeune fille », « très distinguée », elle possédait « un trousseau à faire rêver les petites filles ». Le mot n'est pas trop fort ! Elle fut lancée en 1968, année d'effervescence de la mode. Les catalogues de cette année-là la présentèrent comme une poupée de 44 ou 45 centimètres, ce qui n'est pas sa véritable taille. Il est probable qu'à l'époque de l'impression des catalogues de Noël, la poupée en était encore aux versions prototypes : le corps utilisé pour ces modèles devait correspondre à celui marqué M 7 Made in France, dépourvu d'articulation au bassin, que nous retrouverons plus loin (voir 9). Il semblerait que le visage de Dolly ait été l'œuvre d'un sculpteur italien, dont, malheureusement, le nom s'est perdu. Le moule fut réalisé, comme toujours, selon les dessins et indications de Juliette Giroud. Pour notre part, nous suggérons qu'une star de l'époque a influencé cette création : Delphine Desyeux, qui, en 1967, venait de tourner sous la direction d'André Cayatte dans « Les Risques du métier », en compagnie de Jacques Brel (dont c'était le premier rôle au cinéma). C'est en 1966 que Delphine Desyeux avait conquis la France en jouant les petits rats dans la série télévisée « L'Age Heureux », de Philippe Agostini, d'après (et avec) Odette Joyeux. Après avoir été ambassadrice pour les poupées Bella, Delphine Desyeux enregistra plusieurs disques de variétés. Elle incarnait, aux yeux des Français, la jeune fille idéale : belle, douce, romantique et dotée d'une véritable personnalité ; il est vraisemblable qu'elle ait concouru à inspirer les traits de la poupée Dolly.
Pour rivaliser avec Cathie, GéGé*  lança un grand mannequin, Dolly. Bien qu'elle pût sembler proche de sa rivale, Dolly n'en fut pas moins un pur produit de l'esprit GéGé, c'est-à-dire une poupée profondément originale, à la forte personnalité et au charme infini. Comme Mily, elle bénéficie d'un atout rare : toute sa garde-robe fut signée d'une seule et même créatrice, privilège exceptionnel dans l'histoire de la poupée : Juliette Giroud, inlassable bonne fée qui donna son âme à GéGé.