Michel BOSC, s'intéresse depuis longtemps (1970) à Dolly 
(les collectionne depuis 1995), il a participé aux livres : 
"Jouets GéGé : Les ateliers ligériens du Père Noël", par 
Bernard Besson, éditions Ecomusée des Bruneaux, et
"
GéGé, des jouets pour tous", S. P. Besançon, J. et G. 
Giroud, éditions Fer de Chance
usine Gégé, à Montbrison dans la Loire - 
hier et aujourd'hui (photo M. Bosc)
Les temps ont changé depuis le lancement de Mily, le ton 
aussi : Mily vouvoyait les petites filles, Dolly leur dit « tu » : « 
Ma chère amie, voici un aperçu de ma nouvelle et 
merveilleuse collection de toilettes « haute couture ». 
Peut-être me connais-tu déjà et tu sais alors comme je suis 
avide de la toute dernière mode parisienne. Dans le cas 
contraire, je me présente : on m'appelle « DOLLY ». Je suis 
le maxi mannequin créé par GéGé. Je mesure 52 cm et je 
suis toute articulée. Et admire mon extraordinaire 
chevelure que tu pourras coiffer de mille et une manières. 
J'aime être habillée à la mode des jeunes filles 
d'aujourd'hui. Tu me diras qu'avec une telle garde-robe 
cela ne pose pas de problèmes ; il y a en effet un ensemble 
à ma taille qui convient à chaque occasion. Quand tu me 
connaîtras mieux, tu verras les belles et joyeuses heures 
que nous passerons ensemble en compagnie de ma petite 
sœur Mily. En attendant, je t'embrasse affectueusement. 
Dolly ». Le ton sera encore plus simple vers 1974 : « Chère 
amie, permets-moi de te présenter quelques-unes de mes 
nouvelles toilettes, ainsi que Aloa, Gilles, Eric […] avec 
lesquels tu passeras, j'en suis persuadée, d'excellents 
moments… ». L'époque des correspondances écrites, des 
longs discours avec les enfants, est déjà révolue. Tout se 
joue, pour les catalogues, sur les photos : Dolly est mise en 
situation, dans des décors dont certains sont très réalistes 
(neige, verdure, mobilier). C'est aussi l'ère de la télévision, 
à laquelle GéGé n'aura pas recours. Nous sommes entrés 
dans la société de l'image !

A noter aussi : Quelques poupées Dolly, à la demande de la 
princesse Grâce de Monaco, furent habillées par de grands 
couturiers vers 1974. Depuis, elles sont toujours exposées 
au Musée national.
Mily de GéGé
Minichou de GéGé
1968 : Dolly, première version (« visage d'ange » ou « 
classique »)


Dolly, donc,  mesurait 52 centimètres. Sa caractéristique était de posséder, au bassin, le même procédé 
breveté d'emboîtement dont Mily avait bénéficié, qui permettait au buste de la poupée de prendre toutes
les inclinaisons possibles. Dolly possédait deux marquages : M5 MADE IN FRANCE sur les omoplates et, sur la
nuque, GéGé MC5. Le visage de Dolly possédait un front assez haut. Les yeux, dormeurs à cils implantés, 
existaient en de nombreuses teintes de bleu et de marron. La première génération fut en acétate, 
colorée dans la masse. Plus tard, différents types d'yeux furent fabriqués, notamment en plexiglas. Le 
nez était court, légèrement retroussé. La bouche souriait à peine, donnant à Dolly cet air farouche et 
mystérieux si typique de la marque GéGé. Les lèvres étaient peintes dans des tons assez variés, allant du 
blanc au rouge cerise en passant par de nombreuses nuances de roses. Combinées aux multiples 
couleurs de cheveux, ces nuances produisent une grande variété de caractères et de styles. Les 
cheveux furent tout d'abord longs jusqu'à la ceinture. La raie, sur le côté, permettait de rabattre une 
mèche sur le front pour cacher la naissance des implants. Juliette Giroud veillait à ce que les cheveux de 
Dolly fussent convenablement bouclés. On rencontrait des blonds cendrés, presque gris ; des blonds « 
soleil » clairs, des blonds dorés plus soutenus, et trois catégories de châtain, que je propose d'appeler « 
caramel » (un blond très foncé et tirant sur le roux), « chocolat » et « marron glacé » qui est une version 
cendrée, plus claire que le chocolat. Les bras, assez courts pour faciliter l'habillage de la poupée par 
l'enfant, étaient légèrement repliés ; les mains étaient très fines : la main gauche joignait tous les doigts, 
sauf le pouce ; la main droite était davantage écartée. Le buste ébauchait une poitrine. Dolly n'est déjà 
plus une petite fille, mais pas encore une vraie femme, quoiqu'elle fût promise au mariage. Les jambes 
furent raides, tout d'abord, et les pieds demeurèrent toujours plats. Dolly portait différentes toilettes de 
présentation (petite robe droite, puis minijupe évasée de couleur et sous-pull souvent noir) dans une 
boîte de carton dont le couvercle la représentait en gros plan. Dans leurs boîtes d'origine, ces poupées 
portaient des références  allant de 1230 à 1235,  pour celles que nous avons pu retrouver. Les modèles du
début arborent un cachet de cire « GéGé » porté au poignet par un ruban ; par la suite, la broche GéGé 
sera cousue sur les habillages de présentation.
1972 :  Dolly, deuxième version

Nous datons l'apparition de la deuxième version de Dolly en 1972. Pour l'occasion, elle adopta un 
nouveau packaging, très volumineux et plus moderne : c'étaient des boîtes imposantes et multicolores, 
d'un très bel effet, qui furent, à cette époque, aussi déclinées pour 
Mily et pour Minichou, ces deux 
autres stars de la maison GéGé. Dolly fut alors, comme Mily, revêtue d'une combinaison à manches 
longues et pattes d'éléphant, le plus souvent de jersey, jaune, orange, rouge ou bleue ; il existait aussi 
des tenues en deux parties, à manches courtes, dans des imprimés psychédéliques, ou à rayures. La 
coupe de cheveux a changé à cette époque : le devant était court, deux mèches venant encadrer le 
visage, et le derrière était très long, parfois plus bas que les fesses, et plus lisse. Certaines de ces 
poupées arboraient des nattes ; d'autres étaient ondulées, certaines presque bouclées. Les jambes de 
cette deuxième version étaient pliantes, ce qui alourdissait la poupée et modifiait légèrement sa hauteur, 
selon le degré d'étirement des jambes. Sur les boîtes, les références. 1238 JPTA (jambes pliantes taille 
articulée, supposons-nous) étaient indiquées, ou 1238 seulement.
1974 : Aloa

Aloa, l'amie noire des îles, vint compléter le nouveau thème de 1974, autour du voyage et de la mer. Elle 
fut très réussie. Elle utilisa le corps et la tête de Dolly joufflue, dont elle partageait évidemment les 
marquages et la garde-robe, bien qu'on lui eût confectionné  plusieurs tenues spécifiques. Vendue dans 
un maillot deux pièces avec paréo, elle arborait une fleur de papier dans ses cheveux toujours aile de 
corbeau et coiffés selon la deuxième coupe de cheveux de Dolly, courte devant, longue derrière. Pour 
répondre aux costumes de marin des garçons et à la tenue d'hôtesse de l'air de Dolly, Aloa porta « 
Papeete » (1920-97), avec haut blanc sans manches, minijupe plissée, gilet et bottes en peluche rose, « 
Tropique » (1920-98), chemisier de satin bleu et pantalon blanc à pattes d'éléphant, « Hawaï » (1920-96), 
combinaison à manches longues et pattes d'éléphant, à motifs psychédéliques et chaîne dorée faisant 
office de ceinture (la série sur le thème du voyage est complétée par le manteau « Roissy » (1920.99) et 
une tenue « Concorde » (1920.78) pour Dolly).  La référence portée sur la boîte d'Aloa est 1239. Il est 
regrettable que cette série se soit interrompue car tout était en place pour que Dolly élargisse son 
univers et connaisse de nombreuses aventures.
Une poupée unique

Dolly reste une poupée unique dans l'histoire. Dotée d'une véritable personnalité, ce qui est rare, elle 
s'adapte à merveille à sa garde-robe, dont les historiens de la mode feront leurs délices dans les siècles à 
venir. Véritable raccourci de toutes les meilleures tendances de la haute couture française des années 
60 et 70, elle témoigne non seulement d'un art de vivre à la française, mais aussi du génie, du bon goût et 
de l'audace d'une créatrice merveilleuse, dont l'empreinte est à jamais gravée, non seulement dans le 
rêve de générations d'enfants, mais aussi de l'histoire de la mode et du jouet.
* Gégé, deux initiales ...
La marque GéGé provient des initiales de son fondateur, Germain Giroud. Son fils
Gilles, qui prit sa relève, portait les mêmes initiales. C'est pourquoi la marque 
s'écrit avec deux G majuscules !
1976 : Dernières générations de Dolly

Dès 1975, Dolly « visage classique » ou « visage d'ange » réapparut sur les catalogues, telle qu'elle était 
encore en 1973. Mais, vers 1976, pensons-nous, une nouvelle formule de Dolly apparut, pensée dans un 
esprit romantique. Parfois vendue dans ses habituelles combinaisons, elle apparaît de temps en temps 
vêtue dans l'esprit des « Demoiselles du temps passé » et de « Mélusine » (de la collection « Yette de 
Montbrison »), avec le chemisier ivoire à dentelle et les robes longues et fleuries ; surtout, son teint est 
extrêmement clair et presque translucide, à la manière de poupées de porcelaines, ce qui produit un 
effet magnifique ; ses cils sont plus longs ; parfois, il arrive (et il semble que ces modèles, assez rares, 
datent des toutes dernières heures de la firme) que l'implantation des cheveux soit une raie au milieu du 
crâne, délimitant une frange longue qui tombe bas sur le front. La mention 1238 semble alors avoir 
réapparu.
La garde-robe, les accessoires

Nous avons, dans le cadre de l'ouvrage de Bernard Besson sur GéGé, tenté de reconstituer la garde-robe 
de Dolly, en nous basant sur les références trouvées sur les catalogues et sur les boîtes des toilettes. S'il 
est bien certain que le numéro 1920 correspond aux trousseaux de Dolly, les autres numéros posent de 
fréquents problèmes d'interprétation. Par exemple, le nom « Boul'Mich' » renvoie à trois numéros 
(1920-02, 1920.08 et 1920.61) et les tenues concernées n'ont rien à voir entre elles.  Nous sommes ainsi 
parvenus à répertorier plus de 110 toilettes et nous estimons qu'il nous en manque encore une 
cinquantaine. Ramenée à la durée de vie de Dolly, qui ne s'étale que de 1968 à 1979, une production si 
abondante et imaginative est remarquable. 
Tout comme Mily, Dolly fut merveilleusement habillée par Juliette Giroud. La variété, l'inventivité, le 
modernisme, l'audace, le bon goût de sa garde-robe laissent rêveur. Au panthéon de la haute couture 
française, Juliette Giroud figure parmi les plus grandes créatrices de notre histoire. On a peine à croire 
qu'il s'agisse de jouets tant les idées sont nombreuses et variées. 
Plusieurs toilettes de Mily se retrouvaient chez Dolly, mais cette dernière bénéficia de nombreuses 
exclusivités. Leur identification est assez facile, puisque l'une des pièces de chaque costume portait 
toujours l'étiquette « GéGé haute couture ». 
On peut distinguer deux grandes périodes dans les habillages : tout simplement, une époque plutôt « 60 » 
et une davantage « 70 ». Ces deux époques sont à la pointe des tendances les plus jeunes de la mode.
 La première époque, très « Demoiselles de Rochefort » (le film de Jacques Demy qui sortit en 1966), fut 
principalement composée de jupes et de manteaux courts et de pantalons cintrés. On y retrouve l'esprit 
de la garde-robe de Mily, d'un chic irréprochable et primesautier. C'étaient l'imperméable en skaï gaufré 
« Giboulée » (1920-03), avec son chapeau, son sac à main et ses cuissardes ; « Printanier » (1920-13), 
manteau de feutre rose bonbon, jaune canari ou bleu électrique, avec son bob assorti ; l'audacieuse 
robe tricotée courte « Comète » (1920-14), portée avec des cuissardes et des collants ; « Idole » (1920.17),
robe trapèze courte, rayée, avec la guitare, indispensable instrument yé-yé ; la veste bordée de 
fourrure « Alaska » (1920-09), portée avec un pantalon à fuseau et des bottes ; la robe courte à manches 
longues « Matinée » (1920-01), pourvue d'une poche, avec un col blanc et une fermeture éclair ; « 
Croisette », (1920-07), qui fut produite dans de nombreux tissus ; d'inspiration Mao, elle joignait un bob, 
une veste longue et un pantalon cintré. « Averse » (1920-06)  était un imperméable léger, avec ceinture et
foulard. Enfin, « Baïkal » (1920-28) était un manteau imitant le léopard avec toque assortie ; sous le nom « 
Frileuse » (1920-29), il fut également édité en blanc.
Dans la deuxième époque, tout à fait « seventies », le mini et le maxi se mélangèrent volontiers et le maxi 
tendit à l'emporter. Les pattes d'éléphant prirent le dessus, avec les imprimés psychédéliques et la 
peluche. Ce furent « Falbalas » (1920-03), robe ample et longue,  à volants, aux couleurs acidulées, avec 
des manches gigot volantées ; « Patchwork » (1920-15),  robe longue en imprimé imitant le patchwork, 
avec un volant froncé ; « Mini-maxi » (1920-36), qui superposait audacieusement une minijupe à une 
longue cape à capuche ; « Espiègle » (1920-48), avec un béret, mêlait une robe chasuble courte à un 
short, d'après une idée de la styliste Jacqueline Jacobson. « Lido » (1920-54), recourait à un imprimé 
acidulé pour une robe pantalon à volants et une longue écharpe. « Orly » (1920-50), manteau de laine à 
large col, imitait Chanel. La peluche fut notamment exploitée dans « Hit-Parade » (1920-66), sur un 
pantalon à pattes d'éléphant imitant le jean. Nous remarquons la mise en oeuvre fréquente de simili cuir 
et de laine ; il y eut aussi de la peau véritable (« Op daim », 1920-46). Dolly n'eut qu'une seule robe de 
mariée, « Cérémonie » (1920-04), de style Empire, à broderie anglaises (de très nombreuses sortes de 
broderies existaient). Comme Mily, Dolly ne se maria qu'une fois, et pour la vie : GéGé avait des valeurs.  
Ses robes du soir (nous en avons répertorié une dizaine) paraissaient plus gracieuses et fraîches que 
glamoureuses ; en revanche, la tenue « Opéra » (1920-11), une chasuble sur une combinaison à manches 
courtes et à pattes d'éléphants, utilisait un lamé or du plus bel effet ; des variantes furent trouvées, 
remplaçant le pantalon par une robe longue droite, dans des tons bleus et argent. Très intéressante aussi,
et griffonnée sur la nappe en papier d'un restaurant par Juliette Giroud, la tenue « Kalinka » (1920-38), 
venait de l'Est : un pantalon bleu roi, de satin, tombait en bouffant sur des bottes ; sur un sous-pull blanc, 
glissait une longue chasuble richement brodée. La tenue « Frivolité » (1920-31) était exquise :   
soutien-gorge, slip, jupon de dentelle, le tout brodé de fleurs, collants blancs et chaussons duvetés. 
Mentionnons enfin une tenue d'hôtesse de l'air, « Air-Hôtesse » (1920-95), qui correspondit au thème du 
voyage accompagnant le lancement de Gilles, Eric et Aloa. Dans certaines tenues, se glissaient quelques 
colifichets, ludiques et jolis, semblables à ceux utilisés par Mily : téléphone, lunettes de soleil, ceintures, 
sacs à main, peignes et brosses, collants, rubans, imitation de vaporisateurs et de pots de crèmes, 
écharpes, étaient répartis dans les coffrets, plus fréquents au début de la production qu'à la fin.
Il faut signaler en outre que, parmi les meubles de poupées que vendit GéGé, certains pouvaient 
parfaitement convenir à la taille de Dolly, notamment un bureau d'écolier et un lit à monter. La poupée 
figure ainsi en situation, sur certains catalogues.
Gilles et Eric

GéGé n'eut aucun mal à agrandir l'univers de Dolly tout en donnant une réponse à Jerry, nouveau 
chevalier servant de Cathie chez Bella.  On présenta, en 1974, deux nouveaux personnages de 52 
centimètres : Gilles (c'est le prénom de l'un des enfants du couple Giroud ; c'est lui qui reprit le flambeau 
de l'entreprise) et Eric (le prénom de son meilleur ami). Gilles était imberbe, Eric barbu : ainsi furent 
conçues les poupées, même si, par la suite, Gilles se laissa pousser la barbe et Eric la rasa ! 
Eric, avec sa barbe et ses sourcils implantés, était parfois appelé Erik, sur les catalogues. Leur corps 
utilisait les bras et les jambes pliantes de Dolly (quelques modèles ont cependant été montés sur jambes 
raides) ; le buste pivotait à la taille comme celui de Dolly, plus massif, cependant,  et portant l'inscription 
M5H ; leur nuque était marquée : GéGé M5. Les deux poupées étaient élèves d'une école de marine (arme 
dans laquelle Gilles Giroud avait fait son service national). On les trouvait donc revêtus de tenues à 
pantalon bleu marine, dont le haut était orné d'une rose des vents, d'un voilier, d'une boussole, d'une 
ancre ou d'une barre de navire. Leur couleur de cheveux demeura toujours châtain. 
On a peine à savoir lequel des deux épousa Dolly ; les catalogues présentaient tantôt l'un, tantôt l'autre 
au bras de Dolly. Cependant, si l'on en croit l'indication portée sur la boîte, le smoking du mariage était 
répertorié comme une « tenue pour Eric » (« Soirée », 1977-01). Gilles était donc le frère ou le beau-frère 
de Dolly. 
Les deux garçons  bénéficièrent d'une garde-robe d'une douzaine de costumes, assez décontractés et 
très « seventies ». On retrouvait le survêtement de Jacky dans la tenue « Training » (1977-07). « Public 
school » (1977-05) utilisait un simili cuir très intéressant pour le blouson. L'une des tenues les plus 
amusantes fut « Motard » (1977-02), également répertoriée pour Eric, en skaï épais bleu ciel, pour faire de
la moto : casquette à visière, veste à fermeture éclair et pantalon cintré. Dolly pouvait l'accompagner, 
grâce à sa tenue « Moto-cross » (1920-40). Au pyjama « Réveil » (1977-06) et à la tenue « Vacances » 
(1977-03), la petite fille pouvait coupler  la robe de chambre « Breakfast » (1920-64) ou la chemise de nuit 
« Rêve » (1920-05), et la toilette « Vacances » (1920-40) de Dolly.  Gilles et Eric convenaient à merveille au 
nouveau moule de Dolly, mais ils semblaient beaucoup plus juvéniles et hybrides  que masculins, d'où une
apparence ambiguë et des difficultés d'identification pour l'enfant, comme cela arriva pour toutes les 
poupées masculines ou presque. C'est sans doute ce qui explique leur succès éphémère.
Nous avons trouvé une référence 1240/10 sur plusieurs boîte de Gilles (le 10 était parfois ajouté à la main) 
et 1241 sur plusieurs boîtes d'Eric (l'étiquette indiquait d'ailleurs toujours « Erik »).
Alice, Carole, Annie, Jessy et les autres

Dolly eut un tel succès que certains magasins, dont Prisunic, voulurent distribuer des modèles exclusifs, dès 1969. Les poupées réalisées pour cette occasion s'appelèrent notamment Carole, Alice, Jessy ou Annie. Elles étaient meilleur marché que Dolly mais s'en rapprochaient beaucoup. Sur le corps prototype de Dolly dont nous avons parlé plus haut (à jambes raides, sans pivot au niveau du bassin et marqué M7 made in France), on planta une tête légèrement plus petite que celle de Dolly, gravée GéGé MC6CW sur la nuque. Ces poupées, absolument délicieuses, mesuraient 45 centimètres. Souvent, les cheveux (qui s'inspirèrent des deux coupes de cheveux de Dolly) furent nuancés de deux couleurs différentes, ton sur ton. Ces poupées portaient de petites robes droites en nylon, non signées. Le modèle Alice porta, sur une chemisette à carreaux, une salopette bleue et des bottes blanches. Ces poupées disposaient d'un petit trousseau, non griffé, de quelques modèles (cinq ou six chacune : tenue de nuit, imperméable, manteau, veste et pantalon, tenue d'été, veste avec jupe courte…), dans des boîtes non signées GéGé, aussi garnies d'accessoires. Nous avons également trouvé une autre poupée, intermédiaire entre Alice et Dolly : le corps, doté d'un bassin pivotant, est gravé « M5 Made in France » comme celui de Dolly mais, curieusement, il est plus petit ; la tête porte l'indication GéGé MC6C. Cette poupée de 47 centimètres se serait appelée Marilyn (c'est vraisemblable : en effet, la poupée du même nom, chez Bella, n'était plus produite depuis quelques années, à l'époque ; il n'y avait donc pas de danger d'une confusion commerciale entre deux produits). Citons encore une très étrange créature de 46 centimètres, qui utilise le corps d'Alice et… la tête de Gilles et Eric, qui, du coup, paraît un peu grosse. Ses cheveux sont assez courts ; elle était très hybride. On la trouvait souvent dans de petites robes courtes.
Nous ne considérons pas comme un mannequin Mélusine (gravée Made in France sur le dos, et sur la nuque MC6C). Elle fait partie de la série « Yette de Montbrison » et de la collection « Les Demoiselles du temps passé ». Teint cireux évoquant la porcelaine, cheveux courts frisés, corsage ivoire à dentelle, robes longues et bonnets, cette poupée n'était pas censée quitter le costume dans lequel elle était vendue.
1974 : Dolly « joufflue »

En 1974, Dolly changea de visage. On retrouve, dans le nouveau visage, la patte d'un sculpteur qui a 
fréquemment œuvré pour GéGé ; il avait déjà créé les poupées martiniquaises Zouzou (référencée 1057) 
et Hulla (1757 et 1758) de 1966, Nadine, référencée 1064, de 1969, la poupée Skitou, référencée 1003 en 
1972, ainsi que le visage de 
Minichou ou Ptichou. On cherchait sans doute à donner une autre impulsion 
aux ventes, en rendant Dolly plus consensuelle, plus rigolote ; après tout, à cette époque, 
Mily, d'une 
élégance si racée, n'avait déjà plus que deux ans à vivre. Peut-être voulut-on revoir Dolly dans un nouvel 
esprit et en profiter pour lancer de nouvelles poupées qui lui tiendraient compagnie, puisque c'est à 
cette époque qu'apparurent Gilles, Eric et Aloa. D'ailleurs, le nouveau visage de Dolly convient 
parfaitement à ces nouveaux compagnons. Hélas, manifestement, le nouveau visage, marqué GéGé CB7 
sur la nuque, n'a pas plu. Certes, la  bouille était amusante, mais le résultat a peut-être été trouvé  trop 
hybride entre l'enfant, la femme et l'adolescente : la parfaite cohésion de la Dolly classique manquait. Les
petites filles eurent donc moins de facilité à s'identifier à ce modèle, qui fut donc abandonné au profit du 
premier visage, dès 1975.  
Dolly « joufflue », ainsi que nous l'avons baptisée, était vendue dans les mêmes combinaisons que la Dolly 
précédente, avec parfois de nouvelles toilettes « romantiques » : chemisier ivoire orné de dentelles, 
jupe longue en imprimé fleuri, parfois avec des collants. 
Sur des boîtes d'origine, nous avons trouvé plusieurs fois, pour ces poupées, la mention « Dolly articulée 
Gaetan – 1237 » était souvent portée sur la boîte, sans que nous puissions en expliquer la signification 
exacte.
 Un nouveau maxi mannequin

Si Cathie était un « super mannequin », Dolly, elle, se présenta comme un « maxi 
mannequin », le « plus joli mannequin de grande taille », qui « suit la mode 
parisienne » avec « de la classe, de l'élégance, du style ». « Style jeune fille », « 
très distinguée », elle possédait 
« un trousseau à faire rêver les petites filles ». Le mot n'est pas trop fort ! Elle fut 
lancée en 1968, année d'effervescence de la mode. Les catalogues de cette 
année-là la présentèrent comme une poupée de 44 ou 45 centimètres, ce qui n'est 
pas sa véritable taille. Il est probable qu'à l'époque de l'impression des catalogues 
de Noël, la poupée en était encore aux versions prototypes : le corps utilisé pour 
ces modèles devait correspondre à celui marqué M 7 Made in France, dépourvu 
d'articulation au bassin, que nous retrouverons plus loin (voir 9). Il semblerait que 
le visage de Dolly ait été l'œuvre d'un sculpteur italien, dont, malheureusement, le 
nom s'est perdu. Le moule fut réalisé, comme toujours, selon les dessins et 
indications de Juliette Giroud. Pour notre part, nous suggérons qu'une star de 
l'époque a influencé cette création : Delphine Desyeux, qui, en 1967, venait de 
tourner sous la direction d'André Cayatte dans « Les Risques du métier », en 
compagnie de Jacques Brel (dont c'était le premier rôle au cinéma). C'est en 1966 
que Delphine Desyeux avait conquis la France en jouant les petits rats dans la série 
télévisée « L'Age Heureux », de Philippe Agostini, d'après (et avec) Odette Joyeux.
Après avoir été ambassadrice pour les poupées Bella, 
Delphine Desyeux enregistra 
plusieurs disques de variétés. Elle incarnait, aux yeux des Français, la jeune fille 
idéale : belle, douce, romantique et dotée d'une véritable personnalité ; il est 
vraisemblable qu'elle ait concouru à inspirer les traits de la poupée Dolly.
Pour rivaliser avec Cathie, GéGé* lança un grand mannequin, Dolly. Bien qu'elle pût sembler proche de sa rivale, Dolly n'en fut pas moins un pur produit de l'esprit GéGé, c'est-à-dire une poupée profondément originale, à la forte personnalité et au charme infini. Comme Mily, elle bénéficie d'un atout rare : toute sa garde-robe fut signée d'une seule et même créatrice, privilège exceptionnel dans l'histoire de la poupée : Juliette Giroud, inlassable bonne fée qui donna son âme à GéGé.
Dolly de GéGé* par  Michel Bosc
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